Laboratoire de Tribologie, d'Analyses et d'Essais Industriels
INTRODUCTION
Certaines
informations obtenues à partir des concentrations des métaux d'usure et de la
composition organique des huiles en service peuvent renseigner sur les
conditions de l'huile et de l'unité lubrifiée.
La
concentration des métaux d'usure dans une huile usée peut être facilement
mesurée par plusieurs techniques comme par exemple la spectrométrie
d'absorption atomique, la spectrométrie d'émission optique, etc. ...
Cependant
il existe d'autres paramètres dits physico-chimiques non moins importants que
les éléments d'usure, d'additifs et qui avec les concentrations des métaux
renseignent sur l'état du lubrifiant lui-même, les conditions d'exploitation
de l'unité et les éléments de contaminations de l'huile ( interne et / ou
externe ).
Ces
analyses physico-chimiques sont nombreuses et la majorité des clients se
limitent aux essais suivants:
-
Viscosité cinématique à 40 et 100°C
-
Teneur en eau
-
Point éclair en vase ouvert ou vase clos !
-
T.B.N ou T.A.N
-
Tâche d'huile
-Teneur
en combustible
Certains
de ces essais sont parfois incomplets même s'ils sont normalisés.
Il
existe d'autres méthodes d'analyses tel que la spectrométrie Infra - Rouge de
Transformé de Fourrier ( FTIR ) qui donne d'autres mesures complémentaires et
directes à savoir:
-
Les acides carboxyliques
-
Les Nitrates
-
Les Sulfates
-
l'eau
-
Le Glycol ( Antigel ou produit de dégradation de l'huile ).
-
Les suies
-
Les hydrocarbures
Certains
produits de dégradation de l'huile et de contamination existent et lui sont
appropriés.
Ces
produits de dégradation se manifestent lors de l'exposition de l'huile à des
hautes températures.
Les
contaminants entrent dans l'unité à travers certains accessoires qui ne sont
plus étanches.
Une
exposition excessive à une haute température et aux gaz de combustion de
l'unité peuvent causer une variation chimique de l'huile et produire des acides
telsques l'acide carboxylique et les oxydes d'azote et les sulfates.
COMPARAISON FTIR ET METHODES
TRADITIONNELLES
1- BASICITE DE L'HUILE ( T.B.N ).
Les
gaz de combustion d'une unité sont mélangés avec l'huile en service. Ces gaz
de combustion contiennent des acides et des produits d'oxydation. Les acides
carboxyliques qui sont produits par l'oxydation sont très corrosifs s'ils
augmentent en concentration. C'est pour cette raison que l'huile doit
neutraliser ces acides.
La
méthode la plus efficace pour le faire est d'ajouter des additifs basiques.
La
quantité active de ces additifs est mesurée par le T.B.N de l'huile (Total
base Number ).
Ce
T.B.N provient principalement du calcium ou le sulfate de magnésium et / ou des
phénates.
Certains
du T.B.N proviennent aussi de l'azote contenu
dans le dispersant. Comme les acides carboxyliques sont produits, ils réagissent
avec l'excès de l'oxyde de calcium ou l'amine de calcium
pour produire les sels carboxylés.
Une
méthode indirecte pour mesurer le T.B.N consiste à doser les sels carboxylés
formés dans l'huile.
L'analyse
par FTIR de l'huile donne la concentration de ces sels.
La
relation entre la déplétion du T .B. N. ( ASTM D 664 et D 2896 ) et la
formation des carboxylés se manifeste par une baisse du T.B.N . et
l'augmentation des carboxylés dans l'huile ( l'une chute, l'autre
augmente ). Il a été prouvé que la méthode ASTM D 664 ne mesure pas toute la
quantité du T.B.N existante dans l'huile, ce phénomène est observé dans le
cas ou l'huile provient d'un engin diesel, il a été prouvé également que l'ASTM
D 664 atteint le zéro bien avant que le numéro acide soit observé, de même
il a été observé qu'avec la méthode ASTM D 2896, le T.B.N atteint le zéro
juste avant l'apparition du numéro acide.
L'inconvénient
des méthodes ASTM D 664 et ASTM D 2896 pour une huile en service est de mesurer
le même produit basique dans l'huile, d'une part comme il existe des bases présentes
dans l'huile et qui ne sont pas capables de neutraliser les acides carboxyliques et
ne sont pas mesurées par l'ASTM D 664, d'autre part l'ASTM D 2896 mesure les
produits basiques qui ne sont pas capables de neutraliser les acides
carboxyliques, c'est pourquoi donc l'ASTM D 664 sous estime et l'ASTM D 2896 sur
estime la quantité des alcalins dans une huile usée.
Il
a été prouvé que le meilleur moyen d'investigation pour l'oxydation est la méthode
par le FTIR, en plus elle reflète une situation réelle de l'huile oxydée
ou pas oxydée.
Un
autre problème rencontré avec les méthodes TBN est l'ignorance des valeurs
critiques et d'alarmes pour une huile usée si le TBN de l'huile neuve se trouve
dans la limite inférieure de la spécification.
Les
méthodes ASTM D 664 et D 2896 sont très valables pour les huiles neuves.
2- OXYDATION:
Une
huile en service est soumise à des
conditions d'exploitation très sévère, l'oxydation de l'huile peut être jugée
à partir du résultat de la viscosité cinématique, cependant la mesure de
l'oxydation par la viscosité est très compliquée par l'interférence des
suies, des matières volatiles, etc. ...
La
dilution diminue la valeur de la viscosité et les suies l'augmentent, par conséquent
la détermination de la viscosité uniquement ne peut pas renseigner sur l'état
d'oxydation de l'huile.
Le
seul moyen d'investigation est la spectrométrie à Infra-Rouge ( FTIR ) ou éventuellement
la chromatographie.
Il
existe plusieurs types de composés qui peuvent être formés et se décomposent
durant le process oxydation.
Certains
parmi eux sont les aldéhydes, les anhydrides, les alcools, les esters organo
nitrates, les organo-nitrates et les acides carboxyliques.
Certains
de ces composés réagissent à des températures bien définies et peuvent
former des produits de condensation au poids moléculaire élevé, des éthers
et des esters.
A
part sa propriété d'anti-usure le Z D D P ( Zinc dialkydithiophosphate ) est
également un additif antioxydant dans les huiles diesel. Si cet additif est
utilisé en tant qu’antioxydant, sa dégradation est beaucoup plus vite avant
même que l'oxydation ne commence, par conséquent la mesure du Z D D P peut
nous servir pour contrôler l'oxydation.
Ceci
n'est possible qu'avec l'utilisation d'un FTIR.
3- NITRATES :
Une
autre forme d'oxydation existe: La nitro-oxydation ceci est un cas spécial
d'oxydation produit par la réaction de l'huile avec les NOX qui proviennent de
la combustion. A part qu'elle cause un épaississement ( lourdeur ) de l'huile,
cette forme d'oxydation est la cause majeure de la formation des vernis et des
laques.
Le
moyen d'investigation est la spectrométrie à Infra-Rouge ( FTIR ).
4-VISCOSITE CINEMATIQUE :
La
viscosité cinématique d'une huile en service est un facteur important. Bien
que sa détermination soit simple, il
est conseillé d'utiliser un équipement normalisé, des capillaires certifiés
et étalonnés périodiquement moyennant des huiles étalons.
La
méthode la plus utilisée pour la détermination de la viscosité cinématique
est
l'ASTM
D 445.
La
filtration de l'échantillon avant la mesure de sa viscosité est obligatoire
conformément à la norme.
Un
non-respect de la norme engendre des valeurs aléatoires de la viscosité cinématique.
Il
est important de signaler qu'à elle seule la viscosité ne renseigne en aucun
cas sur la bonne charge de l'huile.
5-
TENEUR EN EAU ET GLYCOL:
La
détermination du pourcentage d'eau et du glycol est effectuée par FTIR. L'eau
peut être celle de refroidissement, elle peut être aussi celle de la
condensation, l'éthylène glycol
provient du liquide de refroidissent, il
peut être aussi le résultat d'une dégradation de l'huile et le résultat
d'une réaction chimique. Parmi les
autres moyens de détermination de l'eau, il existe la méthode Karl Fisher.
La
détermination de l'eau par Karl Fisher est précise et nécessite des précautions
quant à l'age du réactif de Fisher qui est utilisée pour le titrage.
Une
autre méthode normalisée peut être utilisée mais elle nécessite un volume
d'huile important, c'est la méthode
à l'entraînement plus connue sous le nom ASTM D 96.
Bien
que toutes ces méthodes soient fiables à condition de respecter rigoureusement
les normes, elles ne peuvent pas déterminer le pourcentage du glycol, excepté
le FTIR et la Chromatographie.
Déterminé
en vase ouvert pour les huiles, il renseigne sur la possibilité de l'existence
d'un produit plus léger que
l'huile elle-même.
Un
problème est rencontré pour les faibles teneur
en matières volatiles car il n'est pas possible de les déterminer avec
exactitude ( Opération effectuée sous hotte ).
Le
FTIR est le moyen le plus sur pour vérifier si l'huile contient des matières
volatiles ou non, c'est ce que nous rapportons en tant que dilution.
La
chromatographie peut être aussi utilisée.
7- DILUTION:
La
dilution ou la contamination par les hydrocarbures est la présence dans l'huile
de résidus aromatiques très volatiles. Le Diesel est généralement moins
riche en aromatiques que les essences cependant sa détermination par le FTIR
est systématique vue que c'est une méthode différentielle.
8-
SULFATES:
Les
Sulfates confirment la dilution parce qu'elle résulte généralement du
pourcentage du soufre contenu dans le diesel. Les sulfates de calcium peuvent
exister également dans le cas ou une dégradation de l'huile a eu lieu, ils
peuvent être déterminés en scannant le spectre des Sulfates et moyennant leur
longueur d'onde, ils sont très facilement identifiés.
La présence des sulfatent indiquent une dégradation de certains pouvoir du lubrifiant (détergence par éxemple).
9- SUIES :
Le
carbone sous forme de suies peut être présent dans l'huile en service suite à
une combustion incomplète.
Nous
le mesurons par le FTIR également.
D'autres
méthodes existent telles que:
-
Les insolubles
-
Les solides totaux
-
La filtration à la membrane.
CONCLUSIONS:
L'étude
chimique des huiles en service peut aider à comprendre le comportement du
fonctionnement d'un engin.
Cet
engin devient simplement un réacteur chimique complexe, changer d'un engin à
un autre c'est comme changer d'un catalyseur à un autre dans un réacteur
chimique.
Les
analyses physico-chimiques par spectrométrie à Infra-Rouge de Transformé de
Fourrier ( FTIR ) donnent l'avantage de manipuler des résultats concrets et
directs tels que:
L'oxydation,
les nitrates, les sulfates, la présence des hydrocarbures, l'eau, le glycol et
les suies.
Leur
détermination se fait par différence par rapport aux concentrations d'une
huile fraîche non utilisée.
Les
autres méthodes, si elles sont normalisées sont plutôt destinées pour un
contrôle qualité des huiles neuves avant leur commercialisation.
Nous
disposons d'une librairie de toutes les huiles fraîches, utilisées en Tunisie
avec leurs spectres, cette librairie est unique et n'existe nulle part ailleurs,
nous disposons également de dizaines de milliers d'autres spectres pour
l'identification des additifs et des échantillons inconnus. Comprendre le
comportement chimique d'une huile en service, c'est comprendre le comportement
de l'engin.
|
Déterminations
|
Méthodes
Traditionnelles |
FTIR |
|
Oxydation
Nitrates Sulfates Fuel
( Dilution ) Eau
Glycol
Suies
Viscosité |
T.B.N *ASTM D 664 Sous
estime * ASTM D 2896 Sur estime Chromatographie Chromatographie Point éclair ( Mesure
Indirecte délicate )
Karl Fisher ( Mesure
Directe compliquée )
Chromatographie
Membrane !(Empirique)
ASTM D 445 ( Mesure
Directe ) |
( Mesure Directe )
( Mesure Directe )
( Mesure Directe )
( Mesure Directe ) (
Mesure Directe )
(
Mesure Directe )
(
Mesure Directe )
ASTM D 445
( Mesure Directe ) |
BANQUE DE DONNEES:
Les
résultats spectrométriques et physico-chimiques seuls ne renseignent nullement
sur le comportement à travers le temps d'un engin.
Bibliographie:
Predective maintenance & fault diagnosis by oil analysis: PD ANDERSON, Spectro inc. usa
International symposium on oil analysis: M LUCAS, Spectro inc. usa
Condition monitoring by wear metal analysis using spectrometrie: PD ANDERSON, Spectro inc. usa